Cette fois, c'est différent ?

L'instabilité de la finance est endogène, inhérente au comportement des acteurs financiers et des entreprises. C'est ce qu'a montré Hyman Minsky avec son hypothèse d'instabilité financière — le système financier alterne entre phases de stabilité et d'instabilité, des basculements contribuant aux cycles économiques. En fait, parce qu'elles favorisent la prise de risque, les périodes de stabilité économique sont en soi des périodes déstabilisatrices. L'optimisme des acteurs conduit entre autres à une érosion des marges de sécurité, une réduction des liquidités, une augmentation de l'endettement et une hausse des prix des actifs à risque, tout ça dans un contexte de complaisance réglementaire. Ces phénomènes conduisent inévitablement à des structures financières très fragiles et expliquent la brutalité du retournement de l’économie au moindre choc.

Un rapport de recherche du FMI, repris dans un article récent de Martin Wolf, souligne en particulier le caractère pro-cyclique du cadre réglementaire — complaisant pendant une période de stabilité, resserré après les crises. La période actuelle ne fait pas exception et les initiatives récentes de Donald Trump dans ce domaine peuvent être vues comme le signe d'un nouvel assouplissement réglementaire en voie d'être globalisé, rendant certaine l'émergence d'une nouvelle crise à terme.

Le cycle des ressources affectées à la réglementation

Il y a plusieurs facteurs contribuant à ce phénomène, le plus évident étant les innovations venant du secteur financier lui-même — la recherche de profit pousse constamment le secteur à trouver de nouveaux produits et de nouvelles méthodes hors des contraintes réglementaires existantes. L'influence grandissante de la finance sur le champ politique joue aussi un rôle important, surtout en période de boom où la tolérance du public est élevée. La globalisation de la finance n'arrange rien bien sûr.

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