Croissance fragile dans la zone Euro

Les gros titres se succèdent, célébrant avec toujours plus d'enthousiasme les signes de reprise économique de la zone euro. Pourtant, huit ans après le début de la crise, l'économie de la zone est toujours très fragile.

Notre rythme de croissance est toujours très inférieur à celui antérieur à la crise et l'écart entre la production réelle et celle qui serait possible si on était resté sur la trajectoire de croissance 1995-2007 est important.

Growth trend and output gap 1995-2017

C'est aussi évident si on se penche sur la situation de l'emploi. Le taux de chômage de la zone est de 9,5% et celui de la France en mars 2017 est de 10,1%. Ne parlons pas de la situation de l'Italie, de l'Espagne, de la Grèce (la Grèce !), etc.

Taux de chômage 2005-2017

Mais le chômage n'est pas le seul indicateur du sous-emploi. Comme le relève la BCE, le taux de chômage sous-estime l'étendue de la main d'œuvre inutilisée, par exemple les travailleurs à temps partiel souhaitant travailler plus ou ceux qui se sont découragés et sont sortis de la population active. La qualité des emplois proposés se dégrade aussi avec la montée rapide des CDD en Italie, en Espagne ou en France.

La situation du marché de l'emploi est d'autant plus préoccupante que, dans un contexte d'austérité budgétaire, le moteur de la croissance ne peut-être qu'une augmentation soutenue de la demande privée, ce qui suppose une augmentation conséquente des salaires. De ce point de vue, le projet politique de notre nouveau Président apparaît particulièrement néfaste.

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